Vous ne connaissez sans doute pas Severn Cullis-Suzuki, pourtant son parcours de vie est tout à fait impressionnant. Tout commence à Rio, au fameux sommet, où, à l’âge de 12 ans,  elle prononcera un discours d’une incroyable maturité. Elle oser faire ce que beaucoup d’entre nous n’ont jamais osé faire : dire aux puissants et de son point de vue aux adultes de ce monde combien ils nous ont foutu littéralement dans la merde et qu’il va falloir nous en sortir.

Elle n’a pas seulement dénoncé, elle a agi et continue d’agir comme en atteste son impressionnant CV : [...] Elle a travaillé avec des peuples indigènes en Colombie Britannique, en Asie du Sud-Est et en Amazonie pour protéger les forêts menacées par la déforestation. [...] Elle a Fondé l'Organisation Environnementale des Enfants (ECO), [...], elle intervient régulièrement dans des écoles, des sociétés, des conférences et des réunions internationales sur la nécessité de changer nos valeurs, d'écouter les enfants et d'agir comme si leur avenir était important. [...] Elle a reçu le Prix Global 500 en 1993 (attribué chaque année par le Programme des Nations unies pour l'environnement).


Discours à l'ONU sur l'environnement stfr

Cette vidéo m’inspire quatre réflexions sur l’internet, le droit d’auteur, l’écologie et le courage.

Le droit d’auteur

Comme je le soulevais dans un précédent billet, tout devient accessible et virale, en quelque minutes des dizaines de milliers de personnes pourront visionner cette vidéo et réagir sur son contenu. Mais quid du droit d’auteur de Severn ? Même si ce discours fût prononcé dans un cadre public dans un grand évènement mondial, on pourrait penser que ce discours est dans le domaine public. Mais en sommes nous sûr ? Et même si on peut supposer également que Severn souhaiterai une large diffusion de son propos il n’en demeure pas moins que ceci n’est pas clairement indiqué quelque part et que par [excès] de prudence juridique il faudrait interdire sa diffusion. C’est ubuesque et idiot.

C’est pourquoi il faudrait que l’on réfléchisse et qu’on débatte sur un nouveau statut du droit d’auteur dans les nouvelles technologies et qu’on sache enfin clairement ce qu’on peut faire et ne pas faire d’une création de l’esprit. On s’en doute, des Severn il y’en aura –espérons le- d’autres, et que dans 12 ans il faudra bien qu’on puisse garantir les droits des auteurs, et dans droits il y a volonté et choix de l’auteur de l’utilisation de son œuvre. Cela nous mettra tout simplement en sécurité juridique.

L’internet

Au risque évident de défoncer des portes ouvertes : merci Internet pour l’immense capacité de souvenir et d’accès aux bien communs de l’humanité. Sinon comment aurions-nous jamais connu cette vidéo ? 99% d’entre nous n’auraient jamais entendu parler d’elle, comme nous n’en n’avions jamais entendu parler depuis 1992. C’est pourquoi il est plus qu’évident que l’accès à ses biens communs doit être protégé et sacralisé comme l’accès à l’eau, la santé, l’éducation, l’énergie.

Comment un pays comme la France peut il un seul instant oser légiférer sur la coupure de l’accès à internet ? Privant de fait des personnes à l’accès au savoir et aux arts de milliards d’être humain au motif improuvable d’un téléchargement d’une chanson qui n’aurait pas été de toute façon achetée.

L’écologie

C’est affligeant, pour ne pas dire désespérant, de voir que le sentiment de se battre contre des moulins à vent est toujours aussi fort. Et qu’en écho au discours de Severn je ne peux m’empêcher de mettre celui de Yann Arthus-Bertand dans Home. Que tous les deux on une volonté de diffusion sans limite et sans crainte de leur discours. Et qu’il voudrait bien qu’on respecte leur droit et volonté sur leur création de l’esprit. Car après tout la survie de notre planète est de la plus haute importance, c’est idiot.

Le courage

Il faut en avoir, pour oser s’affronter si jeune et avec autant d’aplomb au regard des adultes et de leur dire si simplement toute la vérité, la réalité. Dans le logiciel libre, souvent sous la critique, il est habituel de dire « c’est celui qui fait, qui a raison ». Cela veut simplement dire, que si on veut, ou peut, ou pour le moins on doit. Qu’on peut changer le monde, en se battant, en se bougeant, en agissant, en ne renonçant jamais. Et que même si cela parait être une folie, il faut le faire.

D’ailleurs, il n’y a que les fous qui changent le monde. Parce qu’il n’y a qu’eux qui pensent pouvoir y arriver.

Restez libres, et ne renoncez jamais…