C'est bien connu, le web est rempli de pirates-pédophiles-nazis assoiffés de sang qui n'ont pour but que de détruire la production culturel mondiale, d'expliquer comment faire exploser des immeubles avec des bombes, torturer des enfants attrapés sur les chat et de faire la promotion de "My Kampf" au travers du célèbre point goldwin.

D'après les derniers chiffres, la France compte environ 34 millions d'internautes, le monde presque 1 milliard. Il est donc notablement évident que presque 50% des français, 1 sur 2 pour être plus clair, n'auraient en tête que de piller le fond artistique mondial dans le but de... de... c'est pas forcément très clair, mais il suffit de demander à Luc Besson, Pierre Arditi, Maxime Leforestier ou Christine Albanel ils se feront un plaisir de nous l'expliquer... ou pas.

Les internautes téléchargent parce qu'ils n'auront jamais les moyens financier de tout acheter, qu'on ne peut pas aller au cinéma, acheter un DVD, un CD et un jeu vidéo par jour. Une place de ciné : 9 €, un DVD 20 €, un CD 15 €, un jeu 30 € soit 74 € par jour, soit 2'220 € par mois, ce qui représente plus que le salaire médian. Les gens ont fini par en avoir marre du lèche vitrine culturel, et marre que les chaines de télévisions soient incapables de faire mieux que de nous passer le père noël est une ordure tous les ans, et les majors de se tirer une balle dans le pied avec une chronologie des médias complètement stupide. N'ayant pas les moyens de tout acheter alors que les publicités (qui financent en partie le cinéma d'ailleurs, tiens...) sont super efficaces, on se retrouve avec l'envie d'avoir envie (pardon -_-) d'acheter tout ce qu'ils nous proposent (objectif marketing atteint !).

Bref. Cela parait assez simple à comprendre. Comprendre que l'échange massif de fichiers sur les réseaux n'a dans la très très grande majorité pas de visée commerciale, ni même de modification, ou d'utilisation péri-économique. En gros les internautes veulent accéder à une culture qui se diffuse librement, gratuitement, comprenant fort bien qu'on n'en fasse pas un usage commercial ou dérivé. L'accès, tout simplement. Pouvoir, en tant qu'être humain, accéder aux biens communs de l'humanité.

Cette approche, de très nombreuses compagnies l'ont bien comprise. Certaines, avec une dialectique hypocrite, comme youtube ou deezer qui proposent cet accès gratuit que l'internaute cherche simplement. En parlant de ça, je souhaite bonne chance aux législateurs européens ou américains lorsque la version Russe de Youtube sera dispo en anglais. D'autres, comme wikipédia ou InLibroVeritas, propose cet accès de manière clair et juridiquement bordé.

Ainsi va le sens de l'histoire, et on est maintenant en droit de se demander si, l'usage faisant force de loi, nous n'aurions pas tous interet à nous poser la question et débattre sur le minimum légale juridique d'une œuvre de l'esprit (à l'exclusion du logiciel, un poème ce n'est pas une succession de lignes de code) ne soit pas l'équivalent de la Créative Commons CC-by-nc-nd ? Cette licence qui autorise la libre diffusion et partage de l'œuvre sans utilisation commerciale ni modification.

Le monde change, c'est inévitable, et qu'on le veuille ou non, les œuvres de toute façon s'échangeront et se diffuseront sur la toile, il n'y a aucun moyen de l'empêcher. Simplement parce que nous voulons pouvoir accéder à ce foisonnement culturel et parce que nous n'avons pas envie de spolier les artistes, il faudrait border juridiquement une situation qui existe de fait et qui ne changera pas : les œuvres s'échangent sur la toile dans une ambiance d'utilisation qui est dans 98% des cas cc-by-nc-nd.

Ne pas se poser la question, c'est nier la réalité Ne pas vouloir débattre, c'est refuser l'avenir. Aujourd'hui la culture se partage.

Il est désormais impératif que les maisons de gestion collectif de droits prennent en compte et rémunèrent les artistes qui ont fait ce choix de la libre diffusion (Créative commons, Licence Art Libre, GFDL...). A commencer par la plus emblématique de toute : la SACEM.