Quoiqu'il en soit, afin de les guider un tant soit peu -très peu- le nouvel obs leur a tricoté un fil d'Ariane, sous le titre ô combien évocateur : « L'autre Salon du Livre, les 50 meilleurs sites littér@ires » (qui leur précisera que le « @ » remplaçant le « a » n'est pas sous Licence Art Libre ;-))
La blogosphère y est bien entendu citée, maigrement. Classiquement, serait tenté de dire tout curieux attiré par la littérature en ligne. Exception faite de deux blogs, un anglo-saxon (du moins selon la légende) et un français, que je vous laisse le soin de découvrir. Les voir cités ainsi me réjouit au plus haut point, ce sont des membres du forum littéraire qui m'a vu naître en octobre 2002, après la lecture d'un roman né en ligne et devenu culte, avant même sa publication « papier » , faisant l'objet d'études quant à son aspect transfictionnel : La maison des feuilles, de Mark Z Danielewski ( http://www.houseofleaves.com/forum/ )
Juste retour des choses, pourrait-on dire.
Dommage que le nouvel obs n'ait pas davantage... observé [sic] que les choses bougeaient aussi du côté de l'édition en ligne...

Commentaires
Justement, je m'interroge depuis quelques temps sur la place de la littérature dans le Web 2.0.
DorothéeLa question fut déjà posée mais perdure à mon sens. Serait-ce le seul medium à ne pouvoir s'affranchir de sa contingence matérielle ? Moi la première je m'imagine mal parcourir le jardin de T'sui Pen ou la Bibliothèque de Babel sur un écran et fut la première ravie de pouvoir « posséder » La Maison des Feuilles sous forme « codexale ».
Nous manquons tous dâexpérience et ne savons peut-être pas comment créer les outils vraiment adaptés.
Nous ne faisons que transférer des métiers existants vers le numérique sans profondément nous adapter ni remettre en cause certaines incohérences.
Par exemple nombre de récits publiés sur le net demeurent destinés à être parcourus de façon linéaire alors que les possibilités du récit à embranchement, multi-linéaire ou hypertextuel sont illimitées dés lors que lâon sâaffranchit du « format Livre » et trouvent de fait sur internet lâoutils parfait permettant de les parcourir et de révolutionner notre façon de lire (mots-clés, arborescence, interactivité, lecture auctoriale ⦠)
A mon sens il manque encore quelque chose pour que la littérature sâinscrive à part entière dans une démarche numérique.
Enchanté de retrouver ici une "adepte" de La Maison des feuilles !
g@rpIl est vrai que la linéarité des récits en ligne demeure une banale transposition du papier vers l'écran (les écrivains de tiroir étant devenus des écrivains de disques durs, voilà qui explique peut-être pourquoi. Plus vite, plus large diffusion que celle du cercle familial -- ce qui ne signifie pas pour autant meilleure visibilité [voir le nombre de blogs-lisez-mon-livre, ou de posts du même accabit à droite à gauche] -- facilité de publication, "d'édition", donc pourquoi chercher à voir plus loin que le bord de son écran ?)
Certains tentent de s'affranchir, ils ne sont pas légion.
Ma (très) modeste tentative : www.inlibroveritas.net/li...
Le problème se renverse, lorsqu'on veut transposer un tel essai sur papier (le livre est toujours debout, bien que l'on ait maintes fois annoncé sa mort). N'est pas Mark Z Danielewski qui veut.
Quoique cet auteur, avec Only Revolutions, semble avoir trouvé un moyen de résoudre la quadrature... du cercle.
Juste un complément au billet ainsi qu'aux commentaires qui ont suivi. Pour ceux qui souhaiteraient en savoir davantage sur cette fameuse La Maison des feuilles, la conférence de Berthelot au sujet de ce roman, en .doc, c'est par ici => www.vox-poetica.org/t/lna...
g@rpPrésenter son ouvrage sous forme de feuilleton me semble une façon ingénieuse d'utiliser le Web2.
Marc GalanPar ailleurs, l'arrivée des tablettes (Iliad ou Librié) et du e-paper va changer la donne en ce qui concerne la lecture sur écran. Et si l'on a besoin d'une énorme doc sur disons Hegel, que vaudra-t-il mieux, une tablette de 500 g et une connection Internet ou trois valises de livres ? )
Et puis, on pourra tester un livre. Très lu ? On peut passer au papier et aux gros tirages. Pas lu du tout. Désolé.
Ce sera un critère autrement plus valable que le classique et souvent mensonger : votre ouvrage ne rentre pas dans le cadre de nos publications.
Enfin, cerise sur le gâteau, il y aura bien plus de liberté de l'auteur face au monde éditorial.
Pour moi, l'aspect linéaire d'un livre a un effet reposant. Pour un auteur, concevoir plusieurs fins, ou plusieurs récits en fonction de l'humeur du lecteur me semble très compliqué.
fredleborgneTrop de disgressions nuit justement à cette linéarité qui guide un raisonnement. Si le e-book peut permettre différent niveaux de lecture pour une documentation technique, il ne peut en être autrement pour un roman. Le seigneur des anneaux, composé d'histoires imbriquées ne peut pas être lu à l'initiative du lecteur.
Par contre, il peut être ensuite intéressant, autour d'un roman fleuve, de bâtir un site internet qui reprend la fiche de chacun des personnages, une carte pour les quêtes, une barre de temps...
Le livre doit permettre la concentration, la réflexion, sur ce qui est écrit et le rêve et l'imagination sur ce qui n'est pas détaillé-montré à l'extrème. C'est grâce à cette part d'imagination guidée que la lecture d'un livre peut différer d'un lecteur à l'autre. Mais lire un livre comme d'autres se promènent dans un jeu vidéo non linéaire...et pourquoi pas aller directement à la page de fin ?
Quand au nombre de "lu", il faut aussi donner des règles. Mais après tout, si c'est juste pour imprimer en masse, on s'en moque un peu. Je ne pense pas que ce sont les meilleurs livres qui font les meilleures ventes, ni le papier qui fera les meilleures diffusions. La beauté d'internet, c'est aussi de laisser le temps au temps et aux oeuvres celui de se diffuser à leur allure. Etre bien référencé, acquérir petit à petit une notoriété méritée, ne pas forcer les gens...peut se révéler plus "payant" en fin de compte.
Et si le but n'était plus de se remplir les poches ... ça changerait un peu notre monde de fous.